Agnès Briand : amour, combat et photographie.

 

Agnès Briand expose jusqu’au 28 juillet, au Centre Les Arcades, à Troyes. « Macr’Eau Flore », est une série de photographies en macro sur des décors végétaux qui deviennent de véritables microcosmes, aux ambiances multiples et fascinantes. Des couleurs et des lumières insoupçonnées mettent en scène avec talent, à partir d’un simple sol de jardin, l’imaginaire. Et si la qualité des photos est indiscutablement au rendez-vous, la rencontre d’Agnès Briand avec la photographie est quant à elle à la fois bouleversante et édifiante.

Après le drame, le combat.

L’histoire d’Agnès Briand, c’est d’abord celle de son amour pour son mari Maurice, et celle d’un terrible évènement qui changea à jamais la vie de la famille : la chute d’un échafaudage asseyant Maurice dans la tétraparésie, diminuant irrémédiablement son autonomie, et défiant avec violence sa rage de vivre. Grand humaniste, tourné vers les autres, Agnès Briand le décrit comme un samouraï qui se bat sans relâche. En 2009 elle eut la possibilité de prendre sa retraite de son poste d’assistante, dans le médico-social au Conseil Général de l’Aube, pour devenir l’auxiliaire de vie de son mari, à temps plein. S’ouvre pour le couple, écorché vif, un parcours exigeant et douloureux, avec un quotidien source de défis et de combats.

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Photographie et équilibre.

Il faudra beaucoup d’amour, des deux côtés, et du courage, pour retrouver la voie du bonheur. Et c’est là qu’intervient la photographie. Accompagner un membre de sa famille dans la maladie est en effet un travail de chaque instant, épuisant avec le temps. Maurice en avait bien conscience et a toujours incité Agnès à trouver un « échappatoire », une passion, pour respirer et retrouver son univers à elle. Sans avoir été particulièrement attirée avant par la photographie, Agnès va alors se lancer dans une formation de 3 ans pour devenir photographe-auteure, entre 2012 et 2015. C’est à la fois une façon de se concentrer sur autre chose, d’apprendre, et de se restructurer. La photographie devient ainsi un nouveau pilier pour le couple, une fenêtre ouverte qui participe à retrouver équilibre et harmonie.

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Carpe Diem.

Ne pouvant s’éloigner de Maurice trop longtemps, la photographe s’est par conséquent concentrée sur les alentours de sa maison pour prendre tous ses clichés entre le printemps et l’hiver 2016. Une capacité d’observation décuplée s’est alors déclarée, une volonté de s’exprimer par des couleurs, des formes, des symboles, et de les partager. Des univers très riches, où la lumière sait que sans ombre elle n’aurait pu exister, et des scénographies où l’histoire et la vie sont à observer ou à inventer. Si Maurice est sûrement le premier spectateur d’Agnès, les enfants du couple ont joué également un rôle moteur, incroyable force de vie et d’avancement.

« On a vu un monsieur sans bras ni jambe traverser la Manche (Philippe Croizon), quelque soit l’épreuve la rage de vivre peut  révéler des aptitudes insoupçonnées. Il faut se battre, ne pas se laisser gagner par la transparence, mais au contraire exister pleinement malgré tout. Un fauteuil roulant doit juste être un moyen et non un état, et il faut savoir aller, parfois, au-delà des apparences. »

 

« Macr’Eau Flore », jusqu’au 28 juillet, Centre Les Arcades, à Troyes.

Fabien Prost.

 

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Agnès Briand: love, fight and photography.

Agnès Briand exposes until July 28th, in the Center Les Arcades, in Troyes. « Macr’ Eau Flore« , is a series of photos in macro on plant décors which become real microcosms, in the multiple and fascinating atmospheres. Colors and unsuspected lights direct with talent, from a simple ground of garden, the imagination. And if the quality of photos is indisputably there, Agnès Briand’s meeting with the photography is at the same time deeply moving and edifying.

After the drama, the fight.

Agnès Briand’s story, it is the one at first of the love for her husband Maurice, and that of a terrible event which changed for ever the family life: the fall of a scaffolding that sitting Maurice in the tetraplegia, decreasing irreparably his autonomy, and challenging with violence his lust for life. Big humanist, turned to the others, Agnès Briand describes him as a samurai who fights relentlessly. In 2009 she had the possibility of retiring of her post of assistant, in the medical and social to the General Council of the Aube, to become the home health aide of her husband, full-time. A requiring and painful road opens for the couple, with an everyday life cause for challenges and fights.

Photography and balance.

A lot of love, from both directions, and the courage will be needed, to find the way of the happiness. And it is there that comes the photography. To accompany a member of the family in the disease is indeed a work of every moment, exhausting in time. Maurice was well conscious of it and always incited Agnès to find one way, a passion, to inhale and find her universe. Without having been particularly attracted by the photography before, Agnès is then going to begin a 3 years formation between 2012 and 2015 to become a photographer-author. It is at the same time a way to concentrate on something else, to learn, and to restructure. The photography becomes so a new pillar for the couple, an open window which participates to find balance and harmony.

Carpe diem.

As she could not go away from Maurice too long, the photographer consequently concentrated on the surroundings of her house to take all her pictures between spring and the winter 2016. A multiplied tenfold capacity of observation then declared itself, a will to express herself by colors, forms, symbols, and to share them. In these very rich universes, the light knows that without shadow it would not have been able to exist, and the stories and the lives are to be observed or invent. If Maurice is certainly Agnès first spectator, the children of the couple also embodied an incredible force of life and growth.

« We saw a man without arm nor leg crossing the Channel (Philippe Croizon). Whatever is the event, the passion for life can reveal unsuspected capacities. It is necessary to fight, not to be defeated by the transparency, but on the contrary to exist completely, nevertheless. A wheelchair just has to be a mean and not a state, and we must know how to go, sometimes, beyond appearances. « 

« Macr’ Eau Flore« , until July 28th, Centers Les Arcades, in Troyes.

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