Thomas Chevalier : ni dieu, ni maître… mais l’amour de l’art.

 

« Le souci dans l’aventure, c’est de toujours douter de la validité de ses choix. La solution, c’est de s’en foutre de ces doutes, advienne que pourra, l’aventure est dans le tableau, quel que soit le postulat de départ… »

Sourire charmeur, regard aiguisé et gestes voluptueux, Thomas Chevalier incarne avec élégance l’aventurier de la peinture, voyageant sur son chemin d’artiste avec exigence, conviction et talent. Après une première rencontre dans l’église de Saron-sur-Aube à l’occasion du festival Art et jardins, nous avons retrouvé le peintre chez lui dans son atelier de Marcilly-sur-Seine.

L’enfance de l’art.

Son grand-père était un peintre russe, Evgeny Klementieff (1901-1985), massier à la prestigieuse Académie André Lhote. L’académie visait à « découvrir les lois universelles de la peinture » de façon empirique et participative, avec des artistes illustres comme Tamara de Lempicka, Aurélie Nemours, Louise Bourgeois, ou encore, pour l’art de la composition picturale, un certain Henri Cartier-Bresson…  Si Evgeny ne connut pas le succès de ses pairs, il enseigna cependant à son petit-fils Thomas le goût et la culture de la « bonne » peinture.

Dès la fin des années 70, T.C. se lança dans ses premières expositions collectives sous le parrainage de Marcel Van-Thienen, sculpteur et compositeur de musique électroacoustique :

« Marcel était un bidouilleur amoureux des structures animées et des bruits qu’elles pouvaient produire. J’aimais bien son atelier et sa compagnie, mais il était évident pour nous deux que je cherchais quelque chose loin de ses pratiques. »

Thomas décida donc de suivre son chemin, et celui-ci le mena aux décors de théâtre et de cinéma. Ce fût ici que le peintre prit goût aux grands formats et peut-être même à la réalisation de drapés que l’on retrouve encore aujourd’hui dans ses compositions.

« À 28 ans j’ai été attiré par le cinéma de long métrage, c’était un monde dynamique, avec un vrai travail d’équipe et de la magie. J’ai travaillé sur une vingtaine de films dont Chouans ! de Philippe de Broca, ou Camille Claudel de Bruno Nuytten. J’ai également fait à l’époque de la décoration d’intérieur, mais à la fin des années quatre-vingt-dix, j’ai éprouvé le besoin de revenir à la peinture, mais entre l’expression spontanée d’un tableau et la nécessité de le réinventer pour alimenter une production régulière, il y a un gouffre. Le seul moyen de le franchir est d’être capable d’analyser ce qu’intuitivement on a d’abord produit, un travail sur soi aussi, on n’y échappe pas… »

Para doxa ?

Contrairement à une « doxa » de l’art contemporain prônant le mélange des genres ou « l’art total », Thomas Chevalier est un vrai défenseur de la peinture.

« En plus d’être une image, un tableau est un objet avec une épaisseur, une matière et surtout, un format spécifique déterminant son impact dans l’espace, une reproduction le réduira à sa seule fonction d’image. Pour ma part, la question de la composition est le sujet même de la peinture, comment inscrire des masses colorées dans le cadre du tableau et faire en sorte qu’elles traduisent soit un équilibre, soit une tension. J’ai aussi le goût des transparences et des matières de glacis, ma fascination pour les rendus somptueux d’un –par exemple- Lucas Cranach n’y est pas pour rien. »

Le parcours de peintre de Thomas Chevalier a commencé par des abstractions de paysages, avec peut-être l’influence de son grand-père. Au début des années 2000, l’artiste rencontre ensuite le graphiste Vincent Perrottet,  qui devient son ami, et développe ainsi  un véritable intérêt pour le graphisme. Entre 2004 et 2015, T.C. décide de travailler la figure humaine, avec une idée de challenge et de « vouloir en découdre » avec cette technique.  Un apprentissage qui a permis au peintre de réaliser de fabuleux portraits :

« Faire un portrait, c’est se frotter au mystère d’une humanité. La première question face à un modèle est de comprendre ce qui nous touche dans telle expression ou telle attitude, il s’agit ensuite d’arriver à traduire ce sentiment pour le visiteur. Ma pratique est progressive, je procède en retouches successives et couches fines superposées, si à un certain stade de mon travail le tableau me semble prendre son autonomie, s’animer d’une vie propre, il a une chance d’être réussi. Dans cette quête, il y a du docteur Frankenstein, une volonté de réincarnation… ».

 

Depuis 2016 T.C. synthétise dans ses toiles les fruits de ses différents apprentissages : des éléments figuratifs se mêlent à des formes abstraites et à des signes graphiques purement géométriques, dans une harmonie saisissante. Des couleurs et des formes minérales voient surgir des aplats de couleurs pures dans des équilibres puissants, qui donnent aux éléments  figuratifs une dimension universelle. Une peinture dominée, où il y a peu de place pour la spontanéité, mais où l’amitié pour des artistes comme Eugène van Lamsweerde ou Vincent Perrottet se lit par transparence, et où l’amour de l’art resplendit avec talent.

 

Fabien Prost.

gb_drapeau

Thomas Chevalier: neither god, nor master… but love of art.

« The trouble in the adventure, it is to doubt always the validity of choices. The solution, it is to mess it these doubts, come what may, the adventure is in the picture, whatever is the basic premise… »

Charming smile, sharpened look and sensual gestures, Thomas Chevalier embodies with elegance the adventurer of the paint, travelling on its artist’s way with requirement, conviction and talent. After a first meeting in the church of Saron-sur-Aube during the french festival « Art et jardins« , we found the painter at his home in his workshop of Marcilly-sur-Seine.

In the beginning

His grandfather was a Russian painter, Evgeny Klementieff ( 1901-1985 ), worker in the prestigious André Lhote academy. The academy aimed at  » discovering the universal laws of the paint  » in a empirical and participative way, with illustrious artists as Tamara de Lempicka, Aurélie Nemours, Louise Bourgeois, or still, for the art of the pictorial composition, Henri Cartier-Bresson … If Evgeny did not know the success of her peers, he taught however to his grandson Thomas the taste and the culture of the « good one » paint.

From the end of the 70s, T.C. began his first collective exhibitions beside Marcel Van-Thienen, sculptor and composer of electroacoustic music.

« Marcel was a loving do-it-yourselfer of the livened up structures and the noises which they could produce. I liked his workshop and his friendship, but it was obvious for us two that I looked for something far from his practices. « 

Thomas thus decided to follow his way, and this one led him in sets of theater and cinema. It is here that the painter got to like large formats and maybe even realization of drapes which we find even today in its compositions.

« In 28 years I was attracted by the cinema of full-length film, it was a dynamic world, with a real teamwork and a magic. I worked on about twenty movies of which » Chouans! « Of Philippe de Broca, or « Camille Claudel » of Bruno Nuytten. I also made at the time of the interior design, then at the end of the 90’s, I felt the need to return to the paint, but between the spontaneous expression of a picture and the necessity of reinventing him to feed a regular production, there is an abyss. The only way to cross he is to be capable of analyzing what intuitively we produced at first, a work on it too, we do not escape it… »

Para doxa ?

Contrary to a « doxa » of contemporary art advocating the mixture of genres or total art « , Thomas Chevalier is a real defender of the paint.

« Besides being an image, a painting is an object with a thickness, a material and especially, a specific format determining its impact in the space, a reproduction will reduce him to its only function of image. For my part, the question of the composition is the subject of the paint, how to register masses colored within the framework and to do so that it translates either a balance, or a tension. I also have the taste of the transparencies and the materials of glacis, my fascination for the luxurious depictions of one – by example Lucas Cranach is not for nothing there. »

Painter’s route of Thomas Chevalier began with abstractions of landscapes, with maybe the influence of his grandfather. In the early 2000s, the artist meets then the graphic designer Vincent Perrottet, who becomes his friend, and so develops a real interest for the graphics. Between 2004 and 2015, T.C. decides to work the human figure, with an idea of challenge and to “win” this technique. An apprenticeship which allowed the painter to realize fabulous portraits:

«To paint a portrait, it is to rub oneself in the mystery of humanity. The first question in the face of a model is to understand what affects us in such expression or such attitude; it is then a question of managing to translate this feeling for the visitor. My practice is progressive, I proceed successive alterations and superimposed fine layers there, if to certain stage of my work the picture seems to me to take its autonomy, to comes alive in its own life, it has a chance to be made a success. In this research, there is a kind of doctor Frankenstein, a will of reincarnation … « 

Since 2016 T.C. synthesizes in his paintings fruits of his various learning : representational elements get involved with abstract forms and in purely geometrical graphic signs, in a striking harmony. Colors and mineral forms see arising pure colors aplats in powerful balances, which give to the representational elements an universal dimension. A dominated paint, where there is little place for the spontaneity, but where the friendship for artists as Eugène van Lamsweerde or Vincent Perrottet is read by transparency, and where love of art glitters with talent.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s