Trois regards, trois photographes : Yannick Michel, Wilfried Haillot, Olivier Frajman.

Trois regards, trois approches… trois photographes se rencontrent en toute convivialité pour partager et échanger autour d’une passion commune, avec chacun leur univers, porté avec engagement, exigence, et talent !

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Troyes Couleurs : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

« Yannick Michel, dryat d’origine, je pratique la photographie noir et blanc depuis 1993, depuis un stage fait dans l’association du C.A.F.A.L. (Centre Aubois de Formation aux Activités de Loisirs). Auteur-photographe depuis 3 ans, j’aime le tirage noir et blanc argentique et ce travail manuel qui va transformer le négatif en un positif : le tirage d’exposition.»

« Wilfried Haillot, originaire de Troyes,  je découvre le plaisir du Polaroid en 2003. Je suis fasciné par l’atmosphère et les ambiances intimistes, que j associe aux résultats imprévisibles, et surprenants parfois, des films instantanés quelquefois  périmés. »

« Olivier Frajman, deux vies de photographes, la première en tant qu’assistant pour 4 photographes à Paris (argentique à l’époque avec du Nikon, Blad et chambre) à la fin des années 80, puis du commerce pendant 20 ans. Une perte de permis sera finalement l’opportunité de changer de vie et de reprendre la photo il y a 6 ans, devenant photographe commercial, pour répondre à tous les besoins en images des entreprises, que ce soit pour mettre en valeur des produits, des services, ou des personnes. »

Yannick Michel

Wilfried Haillot : « Yannick, tu pratiques le noir & blanc, mais as-tu déjà tenté la couleur ? »

Y.M : « J’ai déjà fait un peu de couleur, de la diapositive surtout, mais le noir et blanc, ça me permet de faire l’objet de A à Z. Développer en couleurs, c’est plus compliqué. Avec le noir et blanc, on est dans le classicisme, dans l’indémodable et on s’évade de la réalité, ceci dit on s’évade aussi de la réalité avec tes polaroids Wil ! Le noir et blanc étant intemporel, on le retrouve toujours dans la publicité, dans le cinéma. Pour moi l’argentique c’est le noir et blanc, c’est mon truc, et c’est un procédé photographique (devenu ancien) qui  perdurera, je pense. »

W.H. « C’est vrai… et Jacques Tati disait que « Trop de couleurs distrait le spectateur ! »

Olivier Frajman : «Yannick, l’enseignement pour toi c’est un prolongement de la photo ? »

Y.M.« Disons qu’à la base j’étais instituteur, j’ai fait 28 années dans l’enseignement, donc ça a été peut-être comme une déformation professionnelle que de continuer au C.A.F.A.L., quand l’association décida d’arrêter les stages argentiques. J’ai continué à proposer des stages et à faire vivre la structure existante. Il y a des jeunes qui veulent découvrir l’argentique, qui veulent découvrir une autre façon de réaliser une image photographique. Il y en a qui ont commencé par le numérique et qui ne veulent plus faire que de l’argentique, alors que certaines personnes, plus âgées, ne veulent plus entendre parler de l’argentique. Les mains dans le fixateur, les produits chimiques, ils l’ont fait tellement longtemps, que certains ne veulent plus y retourner. Le tirage argentique est une école de patience, il faut être persévérant si on veut obtenir de belles choses. Il y a tellement d’appareils argentiques qui dorment dans les greniers et qui ne demandent qu’à reprendre du service ! La photographie argentique, c’est une autre démarche où l’artisanat est le maître mot, et où on peut s’échapper des écrans et du virtuel. »

Wilfried Haillot

Olivier Frajman : « Elle un peu ballot ma question, mais pourquoi le pola ?! »

Yannick Michel : « C’est la même question que je voulais te poser ! »

W.H. « Je réponds toujours à côté d’habitude ! Quand j’ai découvert le numérique, c’était très ludique, grâce à la retouche  photos. De l’image de base tu pouvais obtenir une photo complètement différente à la fin du traitement. J’ai été très très loin dans la retouche et je me suis bien amusé, notamment avec la série des « Clones », où je faisais plusieurs prises de vue avec moi-même au début des années  2000. Ça été mon petit quart d’heure de gloire, et c’est  assez curieux parce que ça n’a rien à voir avec ce que je fais maintenant. J’ai fait plusieurs expositions avec cette série, j’ai eu le plaisir d’avoir à un petit article sur France Inter et sur Canal +, un prix par l’asso Itis photo, ça a été très loin, c’était marrant ! Mais donc pourquoi le pola ? J’ai donc voulu retourner aux bases, de la conception de l’image et  le pola c’est quand même l’image brute de brute. C’est en découvrant le travail  d’un photographe qui postait uniquement et simplement des Polaroid sur un forum qui s’appelait sansprétention.com  que l’envie m’est venue. Un dimanche  je me suis levé et j’ai acheté mon premier Polaroid sur Ebay à 6 heures, un SX70 pour 80 euros et c’est parti comme ça. »

Olivier Frajman

Wilfried Haillot : « As-tu toujours envie de faire des photos en dehors de ton travail ? (Moi c’est un problème que j’avais quand j’étais pro…) »

O.F. « Excellente question, je te remercie de l’avoir posée! (rires !) Je travaille pas trop mal en terme de volume, et donc forcément ça me laisse moins de temps… vous vous ne passez pas beaucoup de temps devant un ordinateur, mais moi je passe ma vie devant un ordinateur (30 % en prise de vues et 70% devant un pc). Je sais que je ne fais pas assez de photos perso, je devrais en faire plus, mais depuis 2-3 ans j’ai trouvé une échappatoire à travers la photo de voyage, j’avais d’ailleurs fait une petite expo à The Message. J’aime mon boulot, mais j’aimerais autant que possible développer ces moments dans la nature pour faire du paysage… »

Y.M. « Au numérique ? »

O.F. « Oui, c’est mon outil de travail, mais j’aimerais aussi me balader avec une chambre, comme Éric Bourret ou Pascal Bourguignon, c’est une chose que je ne désespère pas de faire un jour, mais je pense que je garderai quand même un numérique sous la main ! Après je ne me sens pas l’âme d’un artiste, en tout cas pas torturé. C’est mon regard, comme pour vous je pense qu’on a la chance d’avoir un « don », sans prétention, un regard que l’on va cultiver chacun à notre manière, de trouver le bon angle, de trouver la bonne lumière, le bon truc… Pour moi ça ne va pas plus loin, je ne suis pas dans l’intellectuel, je suis dans le ressenti, et j’ai la même attitude face à une toile, soit ça me parle, soit ça ne me parle pas, je ne me fais pas des nœuds au cerveau et j’ai la même attitude dans mon boulot.»

Yannick Michel : « Olivier, qu’est-ce que pour toi une photographie réussie, une bonne photographie ? »

O.F. « Ça dépend du point de vue duquel on se place, à titre personnel je suis un insatisfait complet, ça peut être le cas pour beaucoup de photographes, on voit toujours le truc qui ne va pas… La photo réussie c’est quand le client est content, quand le produit où l’événement est mis en valeur, après je garde toujours du recul, je sais globalement ce que valent mes photos, je regarde tous les jours ce que les autres photographes font, mais pour moi je pourrais m’améliorer dans tellement de domaines… J’envie par exemple des gens comme Wilfried, avec un vrai esprit de créa, un univers, une magie, et même s’il y a parfois des filles en tenue un peu légère c’est toujours avec tact, fin, délicat et poétique.  Après je donne des cours sur Paris dans l’École Supérieure des Professions Immobilières, je leur dis toujours que les deux trucs pour faire une bonne photo c’est le cadrage et une bonne lumière ! Après il faut raconter une histoire ou tout ce que tu veux, mais si tu as ces deux éléments là tu as 99% de ta photo. Sinon bien sûr j’ai des génies en tête comme Irving Penn, avec l’expo merveilleuse au Grand Palais, un inventeur et un avant-gardiste, ses œuvres paraissent modernes encore aujourd’hui,  ça aurait pu être fait hier. Je suis vraiment admiratif, pouvoir faire des portraits aussi sublimes… il y a finalement peu de gens qui ont inventé des choses mais lui en fait partie. »

T.C. Une photo qui compte particulièrement pour vous ou dont vous voudriez parler ?

Bonne route les enfants

Yannick Michel : « En hommage à William Eugene Smith, « The Walk to the Paradise Garden », en 1946, avec ses deux enfants après la guerre, qui sortaient d’un sous-bois, vers la lumière. J’ai pris une image similaire,dans la forêt d’Orient avec mes deux enfants. Je l’ai appelé « Bonne route les enfants », en route vers la vie… En tant que parent on s’inquiète toujours pour ses enfants, et bien modestement ça m’a fait penser à Eugene Smith en prenant la photo, et après il fallait faire le tirage bien sûr. Une photographie n’existe que si elle est tirée sur papier. Elle devient un objet, l’objet photographique. »

 

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Wilfried Haillot : « C’est une photo que j’avais vraiment dans la tête et j’adore réaliser les photos que j’ai dans la tête, et surtout quand le résultat est  comme je l’imaginais. Des fois je me réveille la nuit, ah tiens il faut que je fasse ça… et pour celle-ci je suis vraiment arrivé à faire la photo que je voulais, c’est une vue de dessus avec une amie modèle assise sur un fauteuil qui remue une petite cuillère dans une jolie tasse à café. J’avais envie d’une main floue alors qu’il n’y a pas de contrôle sur la vitesse avec un pola, j’ai demandé à la modèle de remuer sa main, et j’ai fait une seule photo. Et le pire c’est qu’à l’époque le film mettait 45 mn à se développer donc le modèle était déjà parti sans voir le résultat… Mais ça a été une réussite, Impossible Project a même pris l’image pour la mettre sur leur newsletter, et c’est aussi en contrepartie mon image la plus piratée ! »

 

Visuel fin d'année-A4_170928

Olivier Frajman : « La dernière campagne pour le champagne de Barfontarc, l’idée d’y associer des fleurs avait été évoquée par Sonia Pereira, Directrice commerciale et marketing. Après, Justine Van Der Shuren, qui travaille à présent à Reims s’est occupée de la Direction artistique. Donc je n’ai pas fait la photo seul. Nous l’avons faite ensemble. L’idée intéressante sur cette photo était de casser les codes du champagne. Nous avons cherché l’inspiration et avons découvert une publicité faite pour la promotion du champagne Tsarine, qui mettait en scène une bouteille entourée de roses rouges. L’idée nous est apparue originale et inspirante, mais bien entendu, nous n’avons pas voulu faire du copier-coller. Le principe d’allier champagne et fleurs nous est apparue comme une idée originale et semblait avoir beaucoup plu au public. Nous sommes partis de cette inspiration afin de mettre plus en lumière ses saveurs et ses couleurs en l’associant à des fleurs, et en utilisant davantage les codes du parfum finalement. »

 

Pour voir et en savoir plus :

https://www.yannickmichel.com/

https://wilfried-haillot.book.fr/

http://www.olivierfrajman.com/

 

 

Un grand merci à tous les trois !

Fabien Prost, Troyes Couleurs.

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Three looks, three approaches, three photographers.

Three looks, three approaches, three photographers meet in a convivial atmosphere to share and exchange around a common passion, with each their universe, carried with commitment, requirement, and talent!
Troyes Couleurs: can you introduce yourself in a few words?

Yannick Michel, from Saint-André-les-Vergers, I practice black and white photography since 1993, since an internship made in the association of the C.A.F.A.L. (center of formation in leisure activities). Author-photographer for 3 years, I love the silver black and white print and this manual labor which transforms the negative into positive : the exhibition print.”

« Wilfried Haillot, native of Troyes, I discover the pleasure of the Polaroid in 2003. I am fascinated by the intimist ambiances and atmospheres, that I associate with the unpredictable and surprising results of the snapshots with sometimes made obsolete films. « .

« Olivier Frajman, two photographers’ lives, the first one as assistant for 4 photographers in Paris (argentic in this time with Nikon, Blad and dark room) at the end of the 80s, then sales during 20 years. A loss of licence will finally be the opportunity to change life and to resume the photo 6 years ago, becoming a corporate photographer, to answer all the needs in images of companies, whether in the way to emphasize products, services, or people. »

Yannick Michel

Wilfried Haillot: “Yannick, you practise the black and the white, but have you already tried the color?”

Y.M: « I already made a little color, in the photo slide especially, but the black and the white allows me to make the object from A to Z. To develop in colors is more complicated. With the black and the white, we are in the classicism, in the perennially fashionable and we escape from the reality, this said we also escape from the reality with your polaroids Wil! The black and the white being timeless, we always find it in the advertising, in the cinema. For me the argentic it is the black and a white, it is my thing, and it is a photographic process (become former) that will continue, I think. « 

Olivier Frajman:  » Yannick, the teaching is it for you a continuation of the photography?  »

Y.M.  » Let us say that on the base I was a primary school teacher, I made 28 years in the education, thus that was maybe as a job conditioning to continue in C.A.F.A.L., when the association decided to stop the argentic internships. I continued to propose internships and to make live the existing structure. There are young people who want to discover the argentic, who want to discover another way of realizing a photographic image. There are some who began with the digital technology and who use only argentic today, while certain people, older, do not want to hear any more about the argentic. Hands in the fixator, the chemicals, they made it so much for a long time, which some people do not want to return to it any more. The argentic printing is a school of patience, it is necessary to be persevering if we want to obtain beautiful things. There are so many argentic devices which sleep in attics and only ask to start again of the service! The argentic photography, it is an another approach where the craft is the key word, and where we can escape from screens and from the virtual. « 

Wilfried Haillot

Olivier Frajman:  » It’s a little elementray my question, but why the polaroid?  »
Yannick Michel:  » It’s the same question that I was going to ask to you!  »

W.H. « Usually I always answer something different! When I discovered the digital technology, it was very funny, thanks to the photo retouch. Of the basic photo you could obtain a completely different photo at the end of the treatment. I went very very far in the retouch and I had a lot of fun, in particular with the series of the « Clones« , where I made several shots with myself in the 2000s. That was actually a little my fifteen minutes of fame, and it is funny because it had nothing to do with what I’m doing now. I made some exhibitions with this series, I had the pleasure to have a small article on France Inter and on Canal+, a price by Itis photo association, that went very far, it was funny! But thus why the pola? I wanted to return to bases, the image conception, and thus the pola is all the same the essence of the raw image. It is when I discovered the work of a photographer who posted only and solely polas on a forum which was called sansprétention.com that the desire came to me. A Sunday I got up and I bought a Polaroid on EBay at 6 am, a SX70 for 80 euros and it began like that.

Olivier Frajman

Wilfried Haillot: « Do you always want to make photos outside your work? (It’s a problem I had when I was pro)  »

O.F. « Excellent question, thank you to have asked it ! (laughs!) I work not too badly in term of volume, and thus necessarily that leaves me fewer time… You don’t spend a lot of time in front of a computer, but I spend my life in front of a computer (30 % in shooting and 70 % in front of a pc). I know that I do not make enough personal photos, I should make it more, but for 2-3 years I found a way through the travel photography, I moreover made a small exhibition at the bar The Message. I like my job, but I would like as much as possible to develop these moments in the nature to make landscape pictures… « 

Y.M.  » With the digital technology?  »

O.F.  » Yes, it is my working tool, but I would also like to have a walk with a dark room, as Eric Bourret or Pascal Bourguignon, it is the thing that I do not discourage to make one day, but I think that I shall keep all the same a digital camera not to far! In fact I do not feel the soul of an artist, in any case tortured. It is my look, as for you, I think that we are lucky enough to have a  » gift « , unpretentious, a look that we are going to cultivate each in our own way, to find the good angle, to find the good light, the good thing… For me that does not go farther, I am not in the intellectual way, I am in the felt, and I have the same attitude in front of a painting, that speaks to me, or that doesn’t , I don’t make knots in my brain, and I have the same attitude in my work. « 

Yannick Michel: « Olivier, what is for you a successful photography, a good photography? »

O.F.  » It depends from the point of view, personally I am a complete dissatisfied, that can be the case for many photographers, we quite always see the thing which does not go … The successful photo is when the customer is satisfied, when the product, or the event is emphasized, even if I always keep overview, I know globally my level, I look every day at what the other photographers make, and I could improve in so many domains … I envy for example people as Wilfried, with a real spirit of creativity, an universe, a magic, and even if there are sometimes girls a little bit lightly dressed, it is always tactfully, fine, delicate and poetic. I teach also in Paris in a school of real estate professions, I always tell my students that the two things to make a good photo are the composition and a good light, later it is necessary to tell a story or all that you want, but if you have these two elements there you have 99 % of your photo. Otherwise of course I have in mind geniuses as Irving Penn, with the wonderful exhibition in the Grand Palais, inventor and avant-gardist, his works seem modern even today, as it was made yesterday. I am really admiring, to be able to take so sublime portraits there are finally few people who invented things but he is a member of it. « 

T.C. A photo which counts particularly for you or about which you would want to speak?

Y.M.  » In homage to William Eugene Smith, « The Walk to the Paradise Garden« , in 1946, with his two children after the war, who went out of an undergrowth, towards the light. I took a similar image, in the Orient’s forest with my two children. I called it  » Safe journey the children « , on the way towards the life … As parent we always worry about our children, and very modestly that reminded me Eugene Smith by taking the photo, and later it was necessary to make the print of course. A photography exists only if it is developed on paper. It becomes an object, a photographic object. « 

 

W.H. « It is the photo which I really had in the head and I adore making the photos I have in the head, especially when the result corresponds to what I imagined it. Sometimes I wake up at night, thinking I should do a picture… and for this one I could make the photo which I wanted, it is a top view with a model friend sat on an armchair who stirs a teaspoon in an attractive coffee cup. I wanted a blurred hand while there is no control over the speed with a pola, I asked to the model to move her hand, and I made a single photo. And thus the problem is that in this time the film took 45 minutes to develop and so the model had already left without seeing the result. But that was a success, Impossible Project even took the image to put it on a newsletter, and in return, it is my the most pirated image too! »

 

O.F. « The last campaign for the champagne of Barfontarc, the idea to associate it with flowers had been evoked by Sonia Pereira, sales ans marketing director. Then, Justine van der Shuren, who works at the moment in Reims took care of the Artistic direction. Thus I did not make the photo alone. We did it together. The interesting idea on this photo was to break the codes of the champagne. We looked for the inspiration and discovered an advertising made for the promotion of the champagne Tsarine, who staged a bottle surrounded with red roses. The idea seemed to us original and inspiring, but naturally, we did not want to make of the copy and paste. The principle to ally champagne and flowers appeared to us as an original idea and seemed to have pleased a lot the public. We chose this inspiration to highlight more the fragances and the colors by associating champagne with flowers, and by using more the codes of the perfume finally. »

 

 

 

 

 

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